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« Faire conïncider actions et compétences », « n’agir que par conviction » et « faire la politique des ses moyens » c'est en ces termes que je pourrais décrire les principes qui ont toujours gouverné mes actions, depuis l'analyse des politiques de tourisme à la publication de journaux jusqu'à mes nouvelles entreprises sur Internet avec, notamment, Africa Radio Programme, entre autres. Rien ne naît du vide. Quand j'étais enfant, si mes parents avaient été photographiés avec autour d'eux tous les objets que nous possédions, une radio transistor serait certainement au centre de la photo. Un poste de télé occuperait sans doute la même place pour les enfants d'aujourd'hui. Pour nous et dans ses années qui ont vu s’amplifier les vents de l'indépendance politique en Afrique, la radio était déjà un objet sociologique : le centre du foyer. Les enfants peuvent écouter la radio mais ils n'étaient pas autorisés à la toucher. Je m'approchais le plus proche possible pour écouter la musique. Je m'endormais souvent au son de rythmes, de grésillements ou de parlers dans des langues qui m'étaient inconnues. Dans mon village, nous avions la radio publique câblée qui diffusait les programmes de la radio fm locale que les gens pouvaient écouter sur certaines places publiques. Les gens pouvaient donc écouter la radio sans posséder de transistor. D'autres pouvaient prendre un abonnement qui leur permettait d'avoir chez eux une boîte parlante. Ce sont ces boîtes qui ont donné à la radio son nom local. La radio s'appelait A soro m'a gbési, qui en Yoruba veut dire [la boîte] ce qui parle sans demander réponse. Cet ingénieux sobriquet n'est malheureusement plus usité au pays. La radio a changé et la langue s'est adaptée à ses changements. L'Afrique moderne avant la modernité ! Devenu adolescent, acheter mes journaux faisait partie de mes dépenses courantes. C'est en lisant les journaux que j'ai en fait appris à lire. Nous étions de véritables consommateurs de presse, mais la plupart d'entre nous ne savait guère ce qui se tramait au-dessus de l'Afrique. Quand les circonstances de la vie m'imposent un changement de métier, j'ai trouvé un emploi dans la presse comme s'il s'agissait du seul métier que je connaissais. La listes des titres auxquels je collaboré est impressionnante. Parmi ces titres et pour ne citer que quelques-uns, il y a Modern Africa, International Herald Tribune (quotidien international américain publié à Paris), Jeune Afrique,... Ce dernier est un groupe de presse de langue française, publication de langue française que j'ai dû traduire en justice à Paris pour une procédure exténuante qui a duré quatorze ans, avec certain succès je dois dire. Auparavant, quand vint pour moi le temps de choisir un métier qui n'existait pas dans mon village, je me suis retrouvé à Abidjan en Côte d'Ivoire. C'est près de 2000 km loin de tout ce qui était familier à mon jeune esprit, mais nous ne voyagions pas parce que nous avions faim. Le voyage est un maître, c'est ce que nos parents nous ont enseigné. « l’enfant qui n’a pas vu le champ d’un autre finira sa vie avec la croyance que son père possède le champ le plus vaste ». C'est un adage Yoruba qui le dit aussi. En Côte d'Ivoire, j'ai découvert un nouveau métier et j'ai été formé comme guide conférencier bilingue. L'industrie touristique m’allât comme une paire de gants sur mesure. Nous avions eu les meilleurs enseignants. C'étaient des académiciens internationalement respectés. J'ai exercé l'accompagnement touristique pendant presque huit années consécutives. Les Africains connaissent rarement la totalité de l'histoire. Peut-être ne se contentent-ils que d'une partie de l'histoire. Quoi qu'il en soit, quand la Côte d'Ivoire se confronte à l'effondrement, somme toute prévisible, de ses prévisions touristiques, nous avons pour la plupart eu une offre de reclassement. J'ai bien entendu accepté de travailler pour le gouvernement comme Agent administratif au sein de l'Autorité pour l'Aménagement de la Région du sud-ouest (ARSO). Je vais démissionner six mois après pour décider de rentrer au pays où un avenir dans le tourisme était loin d'être prévisible. Nous étions fin 1979. C'est ainsi que je fis mon incursion réussie dans le secteur de la presse, mais moins de trois ans plus tard, je suis appelé pour rejoindre le conseil d'administration de l'Office national de tourisme le Nigerian Tourist Board comme Administrateur non exécutif. Ainsi que je l'apprendrai plus tard, mes écrits sur le tourisme ont retenu l'attention de l'administration fédérale dirigée pour le tandem des deux généraux Buhari et Idiagbon. Ma position était simple. Si le gouvernement fédéral était prêt à écouter et à apprendre, prêt à prendre des décisions raisonnées et fondées sur la clarté d'information et d'action, alors j'étais prêt à à relever le challenge. Ce que nous avons commencé en 1984 avec mes collègues du conseil d'administration du Nigerian Tourist Board était un travail visant un objectif sur le long terme. J'étais le plus jeune d'âge parmi de prestigieux collègues administrateurs. Je devais faire mes preuves. De tous les membres du conseil d'administration, j'étais le seul a avoir été élu, à l'unanimité par acclamation, président d'une comme permanent de conseil d'administration chargée de la formation professionnelle et de l'enseignement. J'étais également administrateur du plus connu des Palaces de Lagos à l'époque, le Federal Palace Hotel et aussi de Arewa Hotels Limited, une chaîne d'hôtels de tourisme appartenant à un groupe d'Etats de la Région du nord. Un changement de gouvernement intervint très peu de temps après, mais dans l'intérim, j'ai déjà vu tout ce qui valait la peine d'être vu et, en ce qui me concernait, le gouvernement fédéral nigérian n'avait pas même pas encore entamé ce que je pouvais considérer comme préparatif au développement du tourisme au pays. C'est dans ces conditions qu'intervient ma contribution à la mise en place d'une politique nationale. J'ai déjà parlé de cet événement qui eut lieu au samedi inaugural du premier National Sanitation Day, 1986. Des Nigérians et biens d’observateurs étrangers ont déjà théorisé sur ce qu'ils considèrent comme le mal qui ronge la société nigériane. Certains disent que c'est la corruption. D'autres l'attribuent au tribalisme. Même si je me sais plus apte dans l'action que dans la théorie, parmi les certitudes que mes années de formations de gestionnaire ont conforté en moi, il y en a une qui reste au-dessus de la mêlée : Quand un problème ne trouve pas de solution, c'est ; soit le problème est faux ; soit la solution n'est pas bonne. C'est sous cette affirmation que range les assertions sur la corruption et le tribalisme : ce sont les conséquences de quelque chose d'autre. Pour moi, la cause des maux que confronte le Nigeria est que plus de gens veulent leur part du gâteau national et trop peu de gens sont prêts à s'engager pour cuisine le gâteau. Le pacte national pour la création de cinq millions d'emplois salariés et productifs en cinq ans dans les secteurs du tourisme au Nigéria vise la préparation du gâteau afin de réduire l'écrémage dans le goulot. | |||||||||